À la Trouvilloise - 27 juin 2025

 
À la Trouvilloise, s
'alimenter, se restaurer, se régaler à Trouville et alentour entre 1825 et 1920 - vendredi 27 juin 2025 à 16h aux Franciscaines

Par Sylvie Ancelot

Le XIXe siècle est le siècle de Trouville ; c’est aussi celui de la gastronomie montante. Initiées par les artistes, développées par le tourisme, les deux histoires sont liées. À ce Trouville, qui devient incontournable, accourent les « étrangers », influencés par les artistes puis par les cartes et les guides, premiers prescripteurs de goût. Mais comment se nourrissent-ils ?

Plus d'informations sur le site des Franciscaines

20250627 Trouvilloise 2 20250627 Trouvilloise 2

Le XIXe siècle est le siècle de Trouville ; il est aussi celui de la gastronomie naissante et montante, même si Trouville existait avant, même si la gastronomie a eu des précurseurs de tout temps.

Trouville, la bourgade de pêcheurs, initialement visitée par les gens du pays et quelques rares étrangers, devient Reine des plages, le rendez-vous de l’élégance et de la richesse pour un nombre croissant de voyageurs qu'il va falloir héberger et restaurer. 

A l'affût des beautés de la nature, ce sont d’abord les peintres qui accourent, insatiables d’espace et de découverte : Huet, Bonington, Isabey, Corot, Mozin... Mais celui qui en parle le mieux est précisément le plus grand gourmand et gourmet, l’auteur du Grand dictionnaire de cuisine, celui qui s’installe à l’Auberge du Bras d’Or,  rue des bains à Trouville et qui s’extasie devant les soles en matelote, le homard et la salade de crevettes de la Mère Ozerais. A. Dumas est l’annonciateur de la jolie plage où accourent les «étrangers».

Une première «cartographie» gourmande locale se dessine alors : les tables d'hôte sont remplacées par les nombreux cafetiers et limonadiers, comme Tortoni ou Godreuil, les fameuses pâtisseries, comme Boot et Planta (le XIXe est le siècle de l’excellence de la pâtisserie) et les restaurants, comme le Trouville-Palace qui, selon les experts de l’Art Culinaire « fait honneur à Trouville, à la Normandie et à l’industrie hotelière française » ou celui de la Jetée-promenade des Roches noires, qualifié comme «l’endroit le plus délicieux et le plus charmant de Trouville».

Au paradis du bon goût, de l'élégance et de la coquetterie, se rendre au restaurant est alors un signe de promotion sociale, une activité de loisir. Les villégiateurs se régalent de plus en plus avec les richesses locales et affinent leur recherche du goût. Le poisson de la Côte fleurie fait référence sur de nombreuses tables. La mer ajoute au plaisir -et à l’appétit- des baigneurs.

Au début du XXe, l’essor de l’activité touristique conduit les régions à utiliser leur patrimoine culinaire comme faire-valoir. L’ancrage régional commence à être un véritable argument gastronomique et la recette trouvillaise devient une marque, un repère. Elle est une reconnaissance du savoir-faire et de la qualité gustative des plats comme les «petits saumons à la trouvillaise », le « potage trouvillois », le «pied de céleri à la trouvillaise», les «filets de bar à la trouvilloise», le « turbotin trouvillaise ». 

Voici un épisode dans la vie de la Côte fleurie, une histoire naturelle mais c’est plus encore car la cuisine, c’est plus que des recettes !